La voix de la terre

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La voix de la terre est le dernier tome de la trilogie troisième humanité, écrit par Bernard Werber et paru en octobre 2014 chez Albin Michel.

Nous retrouvons nos personnages principaux après 10 ans d’accalmie après les faits du deuxième roman. David Wells et Aurore Kammerer ont créé une race d’humains de 17cm et une épidémie de grippe aviaire a éradiqué une bonne part de l’humanité. Dans un contexte politique instable et des courants de pensée toujours plus extrémistes, apparaissent deux nouvelles informations. Les éruptions solaires entraînent une augmentation significative des chutes d’astéroïdes sur la terre, et il est désormais certain que la Terre dispose d’une conscience et souhaite entrer en contact avec ses locataires : nous.

Ce livre continue sur son arc narratif, non sans quelques heurts. Certains personnages ont tellement changé de mentalité qu’on ne les reconnaît plus. Bernard Werber avait besoin d’un personnage déjà présenté pour servir de porte parole à un groupe qui n’avait jusqu’alors aucune figure de proue. Ce personnage choisi a pour le coup été délesté de tout ce qui le caractérisait pour ne plus correspondre qu’à l’archétype de ce qu’il représente. Un véritable lavage de cerveau qui abasourdit autant le lecteur que le héros, qui se contente pourtant de dire Amen et subir ce changement.
La fin du roman laisse également sur notre faim. Lorsqu’on en revient à se demander si une suite est prévue pour ouvrir sur autre chose ou juste pour conclure les événements, c’est qu’il manque quelque chose…
Le style d’écriture de l’auteur peut également alourdir le récit. Dans un premier temps, il a pris l’habitude de se servir de termes pointus, tant biologiques que sociologiques ou encore historiques. Pour ne pas perdre le lecteur, il entrecoupe son roman de passages encyclopédiques décrivant ce qu’il vient d’aborder. Mais cette habitude est devenue envahissante.
Tant on peut trouver un intérêt à l’histoire de la Horde d’or ou aux pyramides de Gizeh, autant la recette du soufflé au fromage, j’ai plus de mal à cautionner.
L’auteur joue également à mettre des références à ses récits précédents pour se créer un univers unique, avec un sentiment de cohérence. Seulement, cette pratique anecdotique de ses débuts s’est amplifiée avec le temps et chaque livre précédent devient un prétexte à un paragraphe sans lien direct avec le récit.
Et non, dans un jeu de conquête, le joueur dont l’objectif est de quitter le plateau de jeu n’est pas un adversaire.
L’action est tout de même au rendez-vous. Des événements globaux, à l’échelle planétaire et sur une échelle mensuelle donnent un sentiment de recul très intéressant. Le récit est captivant.

Le bilan de ma lecture est très mitigé. Autant ses histoires sont toujours captivantes, autant la forme paraît se répéter d’une manière malhabile d’un roman à l’autre. On dirait que le point de vue innovant de l’auteur, timide et rafraîchissant à ses debuts, devient lourd, au fur et à mesure qu’il est assumé et amplifié.

En tant que grand fan de Bernard Werber, je ressors donc déçu de ma lecture. J’espère donc qu’il retrouvera un second souffle, tant dans la forme que dans les thèmes de ses œuvres.

UncleBen

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