Les heures souterraines

Auteur : Delphine De Vigan Genre : Littérature contemporaine Année : 2009 Nombre de pages : 249

Auteur : Delphine De Vigan
Genre : Littérature contemporaine
Année : 2009
Nombre de pages : 249

Chaque jour, Mathilde prend la ligne 9, puis la ligne 1, puis le RER D jusqu’au Vert-de-Maisons. Chaque jour, elle effectue les mêmes gestes, emprunte les mêmes couloirs de correspondance, monte dans les mêmes trains. Chaque jour, elle pointe à la même heure. Cela fait huit mois qu’elle vit l’enfer sur les lieux de son travail à cause de son patron qui l’humilie, lui fait des réflexions et ne lui donne plus rien à faire. Tout ca parce qu’elle l’a contredit devant un client !  Elle se sent seule, exclue, fatiguée.

De son côté, Thibault vient de passer un weekend en amoureux avec Lila. Mais il a décidé de la quitter car il sait qu’elle n’arrivera jamais à l’aimer. Elle se dérobe et ne se dévoile pas. Pour ne plus penser à Lila, il s’abrutit dans son travail :  Les Urgences Médicales de Paris. Chaque jour, il se rend en voiture aux adresses que le standard lui indique. Toute la journée, il est coincé dans des embouteillages, s’impatiente derrière un camion, cherche une place. Les gens l’attendent. Thibault connaît mieux que quiconque les petites maladies, les misères, et la  solitude que ressentent les personnes dans cette immense ville.

Le roman se passe sur une seule journée, le 20 mai. Ce jour là, comme tous certainement, la ville est en ébullition. Tout le monde s’agite. Rien ne s’arrête. On suit donc en parallèle, tout le long du récit, Mathilde et Thibault qui ne se connaissent pas. Pourtant ils se ressemblent beaucoup.

Ce roman est assez poignant. On a affaire à du harcèlement moral, aux violences invisibles, mais pourtant bien présentes. Mathilde est persécutée par son patron. Il ne lui laisse plus de dossiers à traiter, ne la met plus au courant des réunions. Il va même la faire changer de bureau. Elle sera seule dans une pièce sans fenêtre, et n’aura même plus accès aux répertoires sur l’ordinateur. Elle garde tout ça pour elle. Elle n’ose pas en parler.

J’ai beaucoup apprécié ce roman, même s’il est assez pessimiste. Tout d’abord c’est un sujet dont on parle peu, alors que ces violences existent. De plus, j’ai très bien ressenti l’ambiance de la ville avec ces gens pressés, stressés, s’engouffrant dans les transports en commun, ou il n’y a plus d’air pour respirer (pourtant je ne suis pas une citadine). La condition de l’homme moderne est très bien décrite et maîtrisée.  Cependant, j’ai été déçue par la fin. J’ai attendue tout le long, le moment ou les deux protagonistes se croiseraient. Il manque quelque chose. Je suis restée sur ma faim.

Je recommande ce livre, principalement aux personnes qui seraient dans le même cas de figure que Mathilde ou Thibault, et qui n’oseraient pas en parler. Bien sur, je conseille aux autres aussi, car ce livre est une bonne découverte.

Watson

 

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