Le labyrinthe : Comparatif

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Le labyrinthe est un roman de James Dashner, publié en 2009, première partie d’une trilogie terminée en 2011.
Un préquel est sorti en Avril 2015.

Nous y retrouvons Thomas, qui se réveille dans un monte-charge vétuste. Il ne sait ni comment ni pourquoi il se retrouve là. A vrai dire, il ne se rappelle de rien, hormis son prénom. Thomas. Il sent tous ses autres souvenirs s’envoler au fur et à mesure qu’il essaye de se les remémorer.
Le monte-charge s’élève enfin.  Thomas finit par débarquer au Bloc. Un espace vert, aménagé par les autres garçons, les blocards, arrivés avant lui. Comme lui, ils ne se rappellent de rien, hormis leur nom.
Le Bloc est enserré par d’imposantes murailles, ouvertes en seulement quatre portes massives. De l’autre côté de ces portes, un labyrinthe monstrueux, dont les murs changent chaque nuit pendant que les portes sont fermées.
La communauté des blocards fait découvrir leur mode de vie à Thomas. Chacun doit participer et Thomas doit trouver sa place. On lui présente les différents métiers, bâtisseur, agriculteur, boucher…
Mais Thomas n’a qu’une idée, devenir Coureur, participer à l’étude du Labyrinthe, malgré les monstres et autres dangers qui arpentent ses couloirs, afin de trouver des réponses aux nombreuses questions que les blocards se posent…

Le livre est écrit assez gros, mais les 400 pages et quelques permettent tout de même de passer un assez long moment en compagnie de Thomas et des autres blocards.
Le personnage de Thomas va rapidement apporter une nouvelle vision de la situation du Bloc et du Labyrinthe, en bousculant les habitudes et l’ordre établi.
Concrètement, il va tout remettre en question, en harcelant tout autre blocard à sa portée.
« Pourquoi ? », « Comment ? », « Qui ? », « Et si… ? »
Personnellement, je l’ai vite pris pour une véritable tête à claque, ce qui est dommage pour le personnage principal.
Les autres résidents du Bloc ont tendance à le prendre en grippe, à force d’être ennuyés par ce nouveau, trop curieux pour son propre bien et celui des autres. Pour ça, je me suis bien identifié à eux.
Le livre va donc progressivement nous dévoiler les secrets du Labyrinthe,  de ses occupants, ses créateurs, et les raisons de sa création.
Le scénario est bien construit, les actions et les sentiments sont bien retranscrits.

Le livre se clôture sur une situation peu engageante pour les personnages, et le cliffhanger, associé à l’agréable lecture du premier tome, donne envie envie d’attaquer la suite, voire même le troisième tome dans la foulée.

Maintenant, nous allons aborder l’adaptation cinématographique, et noter de manière complètement subjective si elle a fait du bon boulot, en respectant ce qui pouvait et devait l’être, ou en innovant de manière intelligente et intéressante.
Nous allons donc aborder des éléments essentiels du scénario de ces deux œuvres, fuyez tant qu’il est temps si vous craignez le spoil…

Premier point divergent, dans les premières minutes du film. Thomas ne se rappelle pas plus de son nom que du reste de sa vie. Il faudra attendre un quart d’heure (une journée dans l’histoire) pour que ça lui revienne, comme pour le reste des blocards. Ça peut paraître logique, Thomas ne semble jusque là pas différent des autres personnages. Ce détail peut paraître anodin, mais c’est le premier signe d’une tendance que les personnes qui ont réalisé le film ont eu à vouloir faire passer le héros pour plus « commun » que dans le livre.

Deuxième modification.
Dans le livre, les blocards sont parfaitement conscients d’être surveillés constamment par les gens qui les ont mis là, qu’ils appellent « les Créateurs ».
De petits robots affublés du sigle WICKED les épient en permanence. Ce sigle apparaît également sur les Griffeurs dans le labyrinthe et sur les caisses de provisions. Les protagonistes peuvent donc naturellement déduire que les personnes qui les nourrissent et les surveillent ont mis en place des moyens de les tuer.
Dans le film, pas de robot espion, aucun symbole distinctif sur les monstres.
Les personnages ne voient donc le Labyrinthe que comme une prison d’où s’évader, et non comme un test à réussir.
Cette modification peut paraître anecdotique, mais on y perd quelque chose. Les personnages sont toujours en lutte pour leur survie, mais ils ne savent pas que leurs geôliers les surveillent constamment.

De plus,
Comme cité plus haut, Thomas était curieux, voire même invasif, allant fureter partout pour pêcher un maximum d’informations.
Dans le livre, il irrite les gens. On rechigne à lui dire ce qu’il veut. Les informations lui parviennent au compte-goutte, et il les assemble lui même.
Dans le film, il a le droit à une visite en règle par Alby, le chef de la troupe, dès son arrivée, et peut compter sur chaque personne qu’il croise pour lui répondre, même à contre-cœur.

A savoir,
Dans le livre, on montre à Thomas les différents métiers qui s’offrent à un blocard.
Chaque corps de métier est supervisé par un maton. Thomas passera même du temps avec quelques matons en début de livre, pour tenter de trouver quelle tâche il accomplira dans le Bloc.
On découvre donc un système organisé, où chacun travaille au poste qui lui est le plus adapté, et sous la responsabilité d’un superviseur.
Les matons se regroupent en conseil, sous l’autorité d’Alby, pour parler de tout élément qui mérite une concertation globale et font figure d’autorité.
Chacun travaille donc chaque jour aux mêmes fonctions.
Mais dans le film, Thomas posera ses questions à Newt, adjoint d’Alby, alors qu’il sera successivement en train d’entretenir des plants de tomates et de  couper un tronc d’arbre pour un chantier. On avouera que ces deux travaux n’ont pas l’air de correspondre au même corps de métier…
Un conseil a également lieu, mais ouvert à tous. Il en résulte une impression de démocratie plus importante, mais les personnages des matons perdent en importance.

Ensuite,
Les Griffeurs piquent les blocards, et leur poison les tue à petit feu.
Dans le livre, ils disposent d’un antidote, fourni généreusement par WICKED.
Le traitement les guérit, au prix d’une période extrêmement douloureuse. Pendant cette transition, appelée Transformation, la personne a des flash. À son réveil, elle se rappellera tout ou partie de sa vie avant le Labyrinthe.
C’est un fait connu, mais étant donné que sortir d’une rencontre avec un Griffeur avec juste une piqûre est une sacrée chance, que la remontée des souvenirs est aléatoire et que la procédure est horrible, personne ne tente l’expérience volontairement.
Cependant, certains blocards en ont fait l’expérience. Plusieurs ont d’ailleurs affirmé avoir vu Thomas dans ces étranges visions pendant la Transformation.
Dans le film, pas de soin possible à la piqûre des Griffeurs. Pas de guérison, pas de souvenirs retrouvés, sauf en fin de film, quand Teresa en amène deux par magie.
On peut donc sauver le chef, qui révèle avoir vu Thomas avec les Créateurs. On apprends ainsi que la Transformation révèle des souvenirs. Thomas se piquera donc volontairement sur un dard de Griffeur moins de 10min plus tard… Du coup, l’action est beaucoup plus subite.
On passe d’une pensée dangereuse qui trotte dans la tête de Thomas depuis le début du livre à un simple « Tiens, il est pas mort, il a retrouvé la mémoire, et on a miraculeusement une autre dose d’antidote ! Quel hasard ! Je vais faire pareil ! »
Pas besoin de donner plus de détails sur la perte en qualité scénaristique.

Le personnage de Gally est également modifié en profondeur.
Gally, maton des constructeurs, a subi la Transformation et vu Thomas dans ses flashs, il s’en méfie donc ouvertement dès le début du livre. Il disparaîtra pendant un moment, vexé par la réussite et la popularité de Thomas, reviendra pantelant pendant l’attaque des Griffeurs, annoncer de manière prophétique aux blocards que les monstres les tueront tous, pour disparaître à nouveau. On le retrouvera à la toute fin, où on le verra manipulé par les Créateurs tenter de tuer Thomas (sans succès bien sûr. Que vaudrait une trilogie si le héros meurt au premier tome ?)
Dans le livre, pas de flash, Gally devient juste un mec violent et antipathique, avec des tendances ultra-conservatrices et qui a peur des idées de Thomas.
Là où son personnage est absent du livre, car seul à voir le héros comme un danger, dans le film Gally convainc la majorité des blocards du bien-fondé de sa pensée et tente d’offrir Thomas et Teresa en sacrifice pour apaiser le Labyrinthe. (Vive la crédibilité)
Enfin, dans les dernières minutes du film, il apparaît comme par enchantement à la sortie du Labyrinthe, sans Créateurs pour l’aider ou le manipuler, et tente de tuer Thomas parce que « Comme tous les blocards, il appartient au Labyrinthe », avec un flingue sorti de je ne sais où…

Maintenant, le code pour sortir du Labyrinthe.
Dans le livre, Thomas s’aperçoit que la configuration des murs dans les différentes sections du Labyrinthe laisse apparaître des lettres, qui forment des mots. Un temps sans lettre avant que le cycle redémarre indique par quel mot l’ordre débute.
J’avoue que ce passage dans le livre m’a paru très flou. Je n’ai toujours pas compris concrètement comment ils ont réussi à décalquer les positions des murs pour arriver à des lettres.
Dans le film, les sections sont numérotés ostensiblement, et une seule section est ouverte chaque jour. L’ordre d’ouverture des sections donne le code.
C’est simple, c’est clair. Mais ils n’ont pas mentionné de période où aucune section ne s’ouvrait. Du coup, grande question.
Comment les blocards peuvent savoir, sans moyen de reconnaître quand un nouveau cycle commence, quel chiffre débute le code ?
On voit donc que les scénaristes du film ont tenté de simplifier l’énigme et sa résolution, élément intéressant selon moi, mais ont oublié un élément qui intervenait dans le cheminement logique.

Finalement, le personnage de Thérésa, et sa relation avec Thomas

Theresa et Thomas SONT TÉLÉPATHES !
Dans le livre, Thérésa parle directement dans la tête de Thomas, même pendant son sommeil, sans savoir comment elle le fait. Elle lui parle tout en étant dans le coma, pour lui transmettre des informations avant qu’elle ait perdu tous ses souvenirs. Elle a noté des éléments sur ses bras pour que Thomas les reçoive. « WICKED est bon ».
Ils savent, même amnésiques, qu’un profond lien les unit (outre la possibilité de se parler par la pensée)
Dans le film, Thomas n’est pas télépathe. Les informations que Thérésa lui dévoile normalement par la pensée, il les devine, dans des rêves, des espèces de souvenirs résiduels, avec la voix de Thérésa dans le fond.
Quand Thérésa se réveille, elle menace Thomas avec un couteau.
Et quand Thomas subit la transformation, il se rappelle de Thérésa lui dire « WICKED n’est pas bon »
Je pense que là, on tient le parfait exemple du pied-de-nez totalement inutile et gratuit à une oeuvre originale.
Le personnage dit exactement l’inverse de ce qu’il était sensé dire.
Puis sans avoir lu le reste de la trilogie, il est difficile d’imaginer une raison valable pour laquelle les scénaristes ont décidé qu’un lien mental unique entre les deux personnages principaux ne méritait pas d’être conservé.

Aux vues de la longueur de l’article, je ne m’éterniserais pas sur toutes les autres divergences. Celles déjà abordées sont suffisamment représentatives.

Globalement, en oeuvre indépendante, le film du labyrinthe reste un bon divertissement, avec ses bons côtés et ses failles.
Mais en tant qu’adaptation, il se permet de nombreuses simplifications. Certaines sont infimes, mais l’effet boule de neige fait qu’un important clivage est visible à la fin.
Quelques unes sont faites pour simplifier pour le spectateur, ce qui est louable, mais d’autres s’expliquent moins.
Au final, on peut avoir peur du résultat au bout de trois livres/films à ce rythme.

Je donnerais donc à l’adaptation, pour le respect de l’oeuvre originale la note de 6/10

UncleBen

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